MIRIAM SBIH

une porte   close

s’ouvrira  sur l’espace de     notre mémoire

au tournant du moment où j’ai voulu revenir

 

tout de même je suis partie.

 

Fausses joies entremêlées du départ

Perte de l’esprit droit

 

chemin dénudé,  sauf éclaircies

tout de même je quitte avec

toi qui tiens les mains

caresses les cheveux,

surprends calmement les songes,

qui bâillonnent et font pleurer

 

rêves d’amour continu avec toi.

 

traversée de corridors, avenues perpétuelles

est-ce pour fuir ?

Pas de toi.

vers moi plutôt,

 

J’ai imaginé une vie ailleurs.

 

Réminiscence creuse du matin

où  un vouloir revenir j’ai senti

sur ma peau et l’ombre d’un œil

fatigués,

 

rassasiée,  gavée

d’un univers nouveau

ville nue que je ne connais plus encore

 

bile  monte sur les parois de gorge

ne plus se souvenir de partir

seulement de retourner

 

quelle vision pousse

derrière les pas de marches traînés ?

 

route longue car

tu ne tiens plus que mes mains

et moi qui continue de vouloir

t’aimer

finalement

 

 

 

revenir vers toi fait pleurer

joie muette         rieuse

menée par notre reflet ingénu

au hasard d’un        prolongement

 

j’arrive vers toi

écoute sans frémir :

 

tu es tout ce que je voudrais être

la beauté la joie la grâce l’indulgence

qui s’entremêlent et se caressent,

inépuisables

 

et je n’ai que ta voix.

 

ni origine ni allégeance,

j’ai voulu faire la folie

 

oublier comment

tout de moi retient de toi,

tout de moi revient vers toi

c’est maintenant évidence.

 

Je parviens à ton visage

 

la noirceur languie dévoile,

 

fragments d’une belle

porteurs de l’éclat

le tracé des lettres respire

lentement

la magnificence

de te nommer