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C’est une belle journée d’automne.

Les feuilles, avant de chuter, vibrent au bout des branches et montrent leur ventre éclaté de rouge comme des truites. Le vent souffle ; et le vent est froid. Il souffle : quelques feuilles demeurent accrochées à leur branche.

Le soleil perce avec peine le froid ; quand ses rayons parviennent jusqu’à notre peau, nous remuons le visage en avant comme si, par ce geste, nous captions plus de soleil. Et dans ces balancements de tête nous retrouvons parfois la grâce, jaillie d’un souvenir, d’une marmotte au printemps.

Mais nous sommes en automne. Si vous sortez de chez vous, si vous marchez quelques minutes dans les rues, si vous êtes sensibles aux choses simples et absurdes, vous vous apercevrez que le fouillis sonore des feuilles mortes n’a cessé d’envoûter votre ouïe depuis que votre premier pas les a fait crépiter. Mais si vous ne sortez pas de chez vous, votre saison sera la saison domestique ; et les feuilles et le vent, et l’or du soir sur les arbres algides, et le soleil qui perd ses forces, et toutes les étoiles charriées par un néant aussi insaisissable que des filets d’eau entre nos doigts, auront la même nuance au travers du double-vitrage et la même température que celle affichée sur votre thermostat, soit 21 °C.

La saison domestique est celle du confort comme l’hiver est celle de la neige, le printemps celle des rossignols, l’été celle de l’amour, et l’automne, orné de parures rouillées, est celle des feuilles et du vent, où tout porte le deuil d’une vie bientôt recommencée.