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maison sous la neige,

poumons enneigés,

 

les bruits du silence, ponctués par un éternuement, suivis d’une expiration nasale. la maison ronfle au rythme des étourdis. les effluves s’apaisent, dissipant les restes d’une soirée finie trop tôt, selon le sens employé. les respirations se mêlent, s’entrechoquent, à chacun sa dose d’oxygène. il est mort de pas avoir pu en contenir assez. à chacun sa dose selon son sac. percé. pollué. Le sien était fin, gris, je l’ai toujours imaginé carbonique et rougeoyant. les premiers scans n’étaient pas bons, les seconds tout autant. ces poumons. tu respires ? était ma question préférée, il ne respirait pas, il subsistait. en son sens, il était toujours à la montagne, en un sens il avait un tube d’oxygène dans le nez (celui qui nous maintient en vie, tout en affirmant notre mort. à son contact, nos corps vieillissent) — un jour il n’a pas réussi à se mettre au lit, l’autre, il murmurait les Beatles de ses lèvres violettes. et moi je fuyais, fuyant l’odeur du CHU de Caen, le bruit des machines, toi le soir et ta bouteille de vin. vers mes amis, vers Paris, sans pour autant trouver réponse aux émulsions que tu prônais pour que la mayonnaise prenne. mon père est mort, quel vilain plaisir à exprimer. plaisir malsain et réconfortant, plaisir à infliger à l’utopiste ignorant un infime soupçon du degré de douleur, lui rappelant que lui aussi vivra celle de ses parents.