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Quand le corps humain n’est plus capable de combattre l’addiction. Quand le corps accepte ce que l’esprit rejette. Lorsque j’ai trouvé ce que t’avais écrit à propos de ton alcoolisme, j’ai compris que t’avais sûrement besoin d’aide, mais aussi que je pourrais pas te lâcher aussi facilement. Tu me disais te sentir paumé spirituellement, d’avoir perdu tes repères et tes habits préférés à force d’avoir déménagé.

C’est pour des raisons semblables que tu sors toujours dans le même bar avec les mêmes personnes. Que tu consommes la même drogue du même dealer over and over. C’est pour ça que tu t’attaches aux gens avec seulement de la ficelle. En plus c’est la saison où tu t’arraches le cœur de la poitrine chaque fois que tu te fais dire non. Au fond tu es toujours un petit gars.

L’autre soir je t’ai demandé c’était quoi les cicatrices dans ton dos, tu m’as dit avoir grandi trop vite. Que ta peau n’avait pas suivi tes os. Ta vieillesse n’est pas seulement physique, ton âme est aussi vieille que celle d’un homme trois fois ton âge. Je voudrais baiser toutes les petites marques dans ton dos, même si elles font pas mal.

Les baisers ça fait toujours du bien.

Traquer tes moindres gestes, tes moindres souffles de loup, les soubresauts de ta voix quand tu me cries que t’es fou. Pas de moi. Juste fou.

L’autre jour j’ai regardé une bande-annonce d’un film qui avait l’air ordinaire. J’ai pensé qu’il n’y avait rien de plus décevant, que de même plus être capable d’être captivé par autre chose que toi.

La soirée où je t’ai revu, il y avait le reflet de la pluie sur l’asphalte gris qui porte les feuilles humides. Une couche d’eau parfaite qui projette le fond de nos pensées. Puis là, j’ai eu des flashs sur l’intérieur et l’extérieur. C’est pas comme si je pouvais changer la couleur des murs de la ville, mais je peux toujours barbouiller chez nous. Je peux aussi juste continuer à me comparer à la voisine d’en bas avec un chum on and off, et des enfants full time.

Puis quand on se compare, on se console à ce qui paraît.

Les nuits ne se terminent jamais vraiment quand on décide de te suivre. Je t’accompagne dans ta chambre pour te voir mourir en paix, au petit matin. Les Montréal streets ont assez vu ta face dans les derniers jours. Ready to hide now.