MADELEINE GOURD Souffle court, Sans même avoir pu courir, Tu ne te demandes pas ce que tu fais là, Au beau milieu d’un chemin qui ne veut rien savoir de ton pied sur son dos.   Tu l’aimes tant, Que tu l’adores, Et tu te l’enfonces dans la

GABRIEL VILLENEUVE Les genoux dans la pelouse tondue, nos bras enduits de crème solaire se collent entre eux. Une grosse boîte sur nos têtes, nous sommes dans une grotte, non une pyramide, non : dans l’espace. Leurs deux voix aiguës hurlent le

DOMINIC LAPERRIÈRE-MARCHESSAULT Sur la route qu’elle a choisi d’emprunter, il n’y a pas de trottoir. Seulement une bordure de quelques centimètres à l’extérieur de la ligne blanche pour éviter de basculer dans le néant. Concentrée, elle pose un pied devant l’autre,

JASON ROY De gros flocons tombaient du ciel à pleines brassées. Là-haut, un ange devait s’amuser à vider des paniers remplis de neige folle. La musique aussi parlait des anges. Noël approchait. Derrière, mon petit frère et moi, bien assis sur

JEAN-FRANCOIS MALO Quand j’étais enfant, je rêvais souvent d’une grande maison au bord du fleuve. Je ne me souviens plus des circonstances dans lesquelles elle se présentait à moi, ou de l’apparence qu’elle avait de l’extérieur, mais je me rappelle que

SAMUEL LAVALLÉE DAUNAIS « Et j’espérais la fin du monde » — Apollinaire   Le quai du métro, un banc, le vacarme du train éjecté hors du tunnel.   Ça parle, ça parle encore et ça rit surtout. Les mêmes visages chaque semaine sous cet éclairage faussement intime. L’envie

AUDE HOCQUART J’ai pensé à toi aujourd’hui. Je descendais l’escalier de la station Laurier et je t’ai vue dans la peau d’une autre. À votre âge, s’aventurer dans le monde extérieur semble toujours être un acte de bravoure ou une révolte

MARILYNE GOUR Beaucoup existe au coin d’une rue. Assise à la fenêtre du café, mes yeux dérivent de l’écran. Je vois deux jeunes gens s’entrelacer, immobiles. Immobiles de longues minutes, entrelacés. Les automobilistes se retournent. Je les vois se retourner vers